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EXTRAIT DU LIVRE · Partie I · Population

Population : plus d’habitants, une trajectoire différente

Emmanuel Cassimatis · 10 ans plus tard · L’ère de l’IA

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Un milliard d’habitants est presque impossible à se représenter. Une rue bondée ou une ville qui s’étend au-delà des routes construites pour la desservir est relativement facile à imaginer. Les logements, écoles, ressources en eau et possibilités supplémentaires nécessaires à un autre milliard d’êtres humains sont bien plus difficiles à concevoir. Cette difficulté a contribué à faire de la population l’un des exemples d’ouverture les plus marquants du premier livre. Ce qui paraissait gérable à l’échelle locale devenait extraordinaire une fois multiplié à l’échelle de la planète.

Illustration accompagnant Population : plus d’habitants, une trajectoire différente

Les illustrations et les couvertures conservent leur texte original en anglais.

Plus d’invités, la même planète. Quelle capacité ?

Illustration conceptuelle de l’échelle de la population et des limites des systèmes qui nous soutiennent. Image générée par IA ; il ne s’agit pas d’une estimation littérale du nombre d’habitants ni de la capacité d’accueil de la planète.

Une prévision de la première édition s’est réalisée presque au moment annoncé. La première édition situait le cap des huit milliards en 2022 ; les Nations unies ont ensuite choisi le 15 novembre 2022 comme date symbolique à laquelle l’humanité l’a franchi. Voir un chiffre autrefois situé dans l’avenir entrer dans le passé a quelque chose de saisissant. Pourtant, les pages suivantes de l’histoire démographique sont moins simples que ne le suggérerait une courbe toujours plus raide. [I.1, I.3]

La courbe s’infléchit avant que le total ne baisse

Entre 2016 et 2025, la série de la Banque mondiale passe d’environ 7,53 milliards à 8,22 milliards d’habitants : quelque 687 millions de vies supplémentaires, soit une hausse de 9,1 %. Mais à côté de ce total croissant, une autre courbe descend. La croissance démographique annuelle passe d’environ 1,16 % à 0,91 %. Ce qui surprend, c’est que les deux décrivent le même monde. L’humanité continue de grandir, tandis que le rythme de sa croissance en pourcentage ralentit. [I.2]

Illustration accompagnant Population : plus d’habitants, une trajectoire différente

Figure I.2. Une population croissante avec un taux de croissance en baisse. Population mondiale, 1960–2025, et croissance annuelle en pourcentage, 1961–2025. Ces séries révisées de la Banque mondiale estiment la population de 2025 à 8,22 milliards d’habitants et sa croissance annuelle à 0,91 %. La ligne en tirets marque l’année de publication du premier livre. [I.2]

Le temps long

Prenez du recul par rapport à la dernière décennie et la courbe redevient saisissante. Pendant une grande partie des deux derniers millénaires, l’humanité ne comptait que quelques centaines de millions d’habitants. Les estimations historiques placent le monde près d’un milliard vers 1800 et autour de 2,5 milliards en 1950. Les chiffres récents nous font dépasser les huit milliards. Ce qui semble progressif à l’échelle d’une vie devient extraordinaire à l’échelle des générations. [I.2, I.19]

Illustration accompagnant Population : plus d’habitants, une trajectoire différente

Figure I.2a. La hausse historique derrière le ralentissement récent. Estimations sélectionnées, 1–2025 de notre ère, sur une échelle linéaire. Les points historiques utilisent les Nations unies (1999), reproduites par le US Census Bureau ; 2016 et 2025 utilisent la série révisée de la Banque mondiale de la figure I.2. Les lignes guident l’œil entre les dates retenues ; la liaison en pointillés n’est pas une série annuelle. Les premières estimations sont incertaines et les deux millésimes de données ne servent pas à calculer un taux de croissance continu. [I.2, I.19]

La silhouette présente cette pente de plus en plus forte qui faisait de la population un exemple si parlant dans le premier livre. Mais l’histoire entière n’est pas une seule courbe exponentielle à taux constant. Le regard rapproché de la figure I.2 révèle une inflexion masquée par cette longue perspective : le total augmente encore, tandis que la croissance en pourcentage ralentit. Les deux vues comptent. L’une montre l’ampleur de la transformation ; l’autre nous aide à voir où elle pourrait nous mener.

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